Kayak en Sardaigne
Navigation en Sardaigne dans l'archipel de la
Maddalena, le long de la Costa Smeralda, autour de la
Tavolara et dans le secteur Asinara.
Navigation dans l'archipel de la Maddalena
en A/R à partir de Palau (3 jours)
Navigation dans le parc d'Asinara
Photos
Quelques idées pour aller faire un beau tour de kayak en Sardaigne au printemps.
Il faut se décider pas trop tard car, comme indiqué plus bas, il n'y a qu'1 liaison pratique de ferry
via Gênes en avril.
Itinéraire en kayak
l'archipel de la Maddalena: tout un dédale d'îles qui est aussi un Parc National, au voisinage de
la pointe nord? C'est aussi beau que les Lavezzi et ça vaut largement le coup. C'est aussi le
berceau de Garibaldi.
la côte Smeralda jusqu'à Olbia: 60 km. Très beau et très construit. C'est le Saint Trop local pas
forcément toujours de bon goût (d'ailleurs c'est là que Berlusconi a sa villa... c'est tout dire!)
Autre possibilité (non parcourue en raison du vent d'ouest): de Castelsardo, village perché sur
une presqu'île à Santa Teresa Gallura (pointe nord de la Sardaigne). Côte orientée au NW avec
de belles plages et quelques falaises, assez rectiligne. Jouable avec pas trop de vent d'ouest.
Bilan
Quelques notes donc suite à notre virée en Sardaigne en kayak ce mois d'avril.
En l'absence de JiPé, toujours cassé suite à ses expériences de vol plané en cascade de glace,
je vais essayer d'assurer, modestement, cela s’entend, la permanence…
Comme d'habitude, quelques oiseaux de mauvaise augure ont tenté de nous dissuader de
partir: la Costa Smeralda, c'est plein de touristes et toutes les plages sont privées (là, faut
quand même faire gaffe, c'est vrai en été ! tout est construit, hyper friqué et on ne doit pas trop
avoir le sens de l’humour sur ce sujet ; nous y reviendrons…) les îles inhabitées sont pleines de
rats (alors là, je me marre… ! on n’en a pas vu la queue d’un! même pas le soir où Dominique
nous a annoncé d’un air éploré qu’elle avait oublié le veau de la blanquette et où 2 ou 3
gaspards bien dodus auraient bien fait la soudure!) en Sardaigne en cette saison, il y a plein de
vent (pfffou... la statistique en Méditerranée, c'est 1 jour sur 2 avec le tourmentin et l'autre jour
avec le moteur ! et puis il a fait un temps de chiotte à Paris et en Bretagne!)
Autant dire que nous nous sommes assis (et sans coussin!) sur tous ces conseils défaitistes...
Donc nous voilà partis pour la Sardaigne en avril et, comme dans le Cid, nous partîmes à je ne
sais plus trop combien vu les accidents de cascade de glace et autres alea, mais nous
arrivâmes à 6 ce qui est tout simplement du jamais vu pour les sorties kayak du mois d'avril (2
au Chili, 2 en Baltique, 1 en Grèce, 2 en Croatie, 3 en Cornouailles, 3 au Pays de Galle...) A ce
rythme, il va falloir louer un autobus l'année prochaine pour Ibiza-Formentera (si, si... et ça vient
plus vite que vous ne croyez ; d’ailleurs, j'ai déjà les cartes et l’itinéraire!)
Départ à la nuit de Paris pour attraper le ferry à Gênes le lendemain. Je ne vous commenterai
pas le trajet qui ne présente aucun intérêt et au cours duquel je dois confesser avoir dormi tout
le temps sauf mes 2 heures réglementaires de conduite du côté de Chamonix.
Arrêt à Gênes, ville qui gagne à être connue avec ses palais, ses oratoires - pâtisserie au coin
des immeubles (à ce sujet, je ne saurais que trop vous recommander la lecture de "La perle et
le croissant" de Dominique Fernandez, étude comparative et parallèle du baroque et des
pâtisseries de Naples à Saint-Pétersbourg, un sommet...!) Jean Mi nous a dégoté un troquet du
tonnerre, façon Le Parrain, pour le déjeuner de midi.
Embarquement sur le ferry en marche arrière avec la remorque des kayaks, un truc qui m'a
toujours rendu admiratif mais dont Laurence et Jacky s’acquittent à merveille. Dîner à bord avec
les plats apportés (là,nous aurons l'occasion d'y revenir plus en détails...) et dodo dans la piaule
réservée par Dominique et Martine et squattée par tous leur friends : Jacky, Laurence et ma
pomme; on ne sait toujours pas pourquoi Jean Michel a préféré les banquettes du bar...
Arrivée de bonne heure et de bonne humeur à Porto Torres et départ pour Palau et l'archipel de
la Maddalena. Route peinarde (je continue ma sieste); belle vue sur Castel Sardo, perché sur
son rocher; belle vue sur les bouches de Bonifacio et sur les falaises du bled du même nom.
Arrivée à Palau et départ en kayak vers l'archipel de la Maddalena.
Le but du jeu est de partir en autonomie pour 3-4 jours ans l'archipel puis vers la Costa
Smeralda. Organisation précise avec liste millimétrée, par mes soins! de la bouffe, de l'eau et
du carburant à emporter; pas de soucis...
Pas grand-chose à signaler: tour de l'île de Santo Stefano par l'est à l'abri du vent, remontée
vers le nord superbe entre les îles de Maddalena et Caprera et tour de Caprera jusqu'à la plage
di « due mari », magnifique …!!!
Au moment du dîner, les choses commencent à se gâter; tout le monde a apporté sa
contribution, et c'est du lourd... et c'est le repas:
Punch (les restes de l’anniversaire de Jean Mi le week end précédent)
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Assortiment de charcuteries alsaciennes
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Soupe
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Blanquette de veau (sans veau...)
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Fromages
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Tarte aux poires et sa mousse au chocolat au rhum
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Vins, café, liqueurs
Excellente nuit bercée par le bruit des flots et les vapeurs du dîner.
Au passage, signalons que passer la nuit sur cette plage où tout est interdit (parc national etc...)
n'était possible qu'en cette saison perdue. Je ne le redirai pas, mais cela s'applique à la plupart
de nos activités lors de ce séjour et à la totalité de nos camps "sauvages". Pour rire, vous
pouvez aller sur Google Earth voir les photos de la baie en été ; avec tous les bateaux au
mouillage, on peut pratiquement traverser à sec !
Signalons aussi, pour le côté culturel, que le grand Garibaldi (né à Nice en 1800 et des
brouettes) est enterré sur cette île. Nous ne nous sommes pas rendus sur sa tombe, qui, à ce
que disent les guides, est soigneusement protégée et dont l'accès n'est possible que contre
monnaie sonnante et trébuchante.
Départ le lendemain pour la suite du périple: fin du tour de Caprera, nouvelle remontée entre
Maddalena et Caprera, encore plus belle que la veille, et direction le camping au NW de la
Maddalena. Une pointe à passer et direction la pointe suivante, cap au 270. On rame, on
rame... on rame encore et tellement qu'on finit par apercevoir le ferry entre Palau et Maddalena,
ce qui est impossible d’après la carte… enfin si on est où on croit être… on atterrit, on regarde
attentivement la carte et là, caramba! je me suis encore gouré d'île (relire "Ouessant et le tour
d'Ouessant" dans la même collection); ça va finir pas devenir une habitude... on a atterri sur
Spargi. C'est pas vraiment dramatique: la mer est turquoise, le maquis émeraude, le ciel lappi
lazzuli, le jardin du proprio idyllique et son embarcadère en belles dalles de granit où il fait bon
s'allonger (n'oubliez pas la remarque plus haut sur la saison... en été, c'était une rafale de
Kalachnikov! sans préjuger de l'amende des carabinieri!)
Installation du camp dans cet endroit de rêve... et c'est le repas:
Kir avec crème de cassis maison (merci Jean Louis !!!!!!)
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Soupe
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Charcuteries
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Ragoût de bœuf, blé et épices
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Fromages
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Gâteaux de châtaignes et de noisettes
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Vins, café, liqueurs
Excellente nuit bercée par le bruit des flots et les vapeurs du dîner.
Retour sur Palau vent arrière (ouf !!!)... et installation à Palau pour la nuit.
Le lendemain, départ de bonne heure et de bonne humeur de Porto Cervo, pour une navigation
sur la Costa Smeralda. La Mère Théo nous a annoncé un sérieux coup de vent d'ouest et on a
décidé de se garer sur la côte est. Seulement voilà... Porto Cervo, ça a beau être le Saint Trop'
local; c'est pas complètement à l’est, ni complètement abrité du vent d’ouest... on n'est pas
sortis du port qu'on se prend un force 6 dans les fesses... Fort heureusement, on casse une
drisse de gouvernail sur le K2; ça a l'air de rien, mais c'est une avarie majeure, gravissime, qui
met en péril la sécurité et les vies des navigateurs (trices) et qui requiert des réparations
urgentes et soignées et qui nous permet aussi de rentrer à quai dans la dignité et la tête haute.
En plus, Jean Mi, l’instinct du marin…, ne s’était pas trop éloigné avec la remorque et le camion
et, un coup de fil plus tard, il nous attendait sur le port. Durée des réparations? à peu près celle
du coup de vent.
On part s'installer à Cugnana pour la nuit.
Pas grand-chose à signaler: les réserves de bouffe individuelles se tassent et les repas
reprennent une allure humaine. Un abruti de clébard nous casse les oreilles pendant toute la
nuit ou peu s'en faut. A part ça, RAS.
Le calme revient et on poursuit par une grande journée de navigation qui nous permet de
remonter toute la Costa Smeralda du sud au nord, en visitant les îles et en essuyant quelques
beaux grains. La côte est construite tout du long. C’est assez beau, assez « intégré » au
paysage mais ça fait quand même quelques milliers de logements non occupés, dont la villa de
Silvio. Il y aurait une belle opération à monter pour le DAL ! Camping sur une belle plage
déserte mais minuscule, à peu près de la taille des tentes et des kayaks: c'est combien les
marées en Méditerranée? pas tout à fait zéro, stressant avec l’oreiller à trente centimètres de la
mer... Au final, tutto va bene et, le lendemain, on se lève de bonne heure de bonne humeur. Le
vent aussi: force 5 ou 6 et ça tape bien dans la baie ! Alors retour au fond de la baie et
opération remorque avec Jean Mi, toujours sur le pont !
Là, il faut signaler un truc sérieux : panne de changement de vitesse sur le camion le vendredi,
en Sardaigne et en morte (très morte) saison… Panne, garagiste, récupération des kayaks et
du personnel, dépose des kayaks et du personnel à Isuledda, pièce de rechange, réparation, le
tout dans la journée… un truc à rendre verts les mecs d’Apollo 13 ! Bravo Jean Mi !
Le jour suivant quelques projets du côté de la Tavolara, grande île rectangulaire (1 km x 5 km)
et qui culmine à 500 m d'altitude; autant dire que les abords sont abrupts. On n'est
effectivement pas déçus du voyage: côte nord remontée au soleil, tour de la pointe est, occupée
par une station radio de l'OTAN (interdiction de s'arrêter, massima vigilanza ! garda armata ! et
tout ça...) côte sud avec des falaises dignes des calanques de Marseille et en plus un vent
debout à décorner les bœufs. Interdit ou pas , on finit par accoster sur la seule plage de l'île sur
la côte ouest, qui doit pas être si interdite que ça vu qu'elle est occupée par un troquet "La
Corona" aux armes du roi de Tavolara. L'histoire remonte quand même au 19ème... je laisse
Wikipédia vous narrer la suite qui est exaltante et truculante:
"Jusqu'au milieu des années 1830, Tavolara était inhabitée. Le premier à venir s'y installer était
un berger du nom de Giuseppe Celestino Bertoleoni Poli (né en 1778, sur l'île voisine La
Maddalena). En 1836, l'île fut visitée par le roi Charles-Albert de Sardaigne qui fut
immédiatement frappé par l'éducation et la vivacité d'esprit de Giuseppe Bertoleoni. Le
souverain sarde offrit alors Tovalara au berger et le fit roi. Ce dernier installa alors ses deux
familles (il était bigame) sur l'île. Le fils de Giuseppe, Paolo, succéda à son père en 1845
(quatre ans avant le décès de ce dernier). Lors d'une visite à Turin, il obtient finalement du roi
Victor-Emmanuel II la reconnaissance du royaume de Tavolara.
À la mort de Paolo en 1886, son fils Carlo lui succède. Le royaume de Tavolara commença
alors à intéresser les grands de ce monde, puisque la reine Victoria n'hésita pas à envoyer en
1900 un photographe de sa cour, afin qu'un cliché des Bertoleoni soit réalisé, dans le but
d'enrichir sa galerie de portraits des familles régnantes d'alors.
Paolo II succéda à son père en 1927 ou 1928, mais dut céder la régence à sa tante Mariangela
pendant quelques années durant lesquelles Paolo était à l'étranger. À la mort de Mariangela en
1934, l'Italie se déclara héritière du royaume de Tavolara.
C'est aujourd'hui son frère cadet, Antonio (dit « Tonino »), propriétaire du restaurant Da Tonino
(sa sœur la princesse Maddalena possède également le restaurant voisin La Corona) qui
assure la pérennité de l'esprit monarchique de la famille Bertoleoni. En 2002, après le retour
d'exil de Vittorio Emanuele, fils du dernier roi d'Italie Humbert II, Tonino fit appel à lui afin que la
souveraineté du royaume de Tavolara soit de nouveau reconnue, mais en vain"
On avait quasiment débarqué à Buckingham ! C'est aussi passionnant que les anglo
normandes!
Dernier jour: repos avec une petite navigation du côté des îles et du parc national d'Asinara.
Pas de regret, c'est nettement moins chouette que là où nous étions. Petite info au passage : le
Capu de la mafia « Toto Riina » a été détenu à Asinara, comme quoi on était quand même dans
un coin d’adultes !
Et Stintina est la bled où les thons étaient chassés à la Tonnara (voir le film « Sromboli »
d’Antonioni)
Ferry dans l'autre sens, complètement vide ce dimanche soir et retour sur Paris le lundi sans la
moindre histoire… juste à la fin, pour se marrer, on est restés bloqués 1 heure à Bonneuil avec
un accident à 30 mètres devant. On se demande encore que(le) est l’abruti(e) qui nous a fait
perdre 1 minute sur le trajet retour qui nous aurait permis de passer avant l’accident ; on y a
réfléchi mais on n’a pas (encore) trouvé…
Cartes et guide
SHOM 7189L, 7190L et 7191L au 1/25000 pour l'archipel de la Maddalena et la côte Smeralda
SHOM 7024L au 1/50000 pour le nord et les bouches de Bonifacio
SHOM 4229L au 1/10000 pour la côte jusqu'à Castelsardo
IGN Sardaigne au 1/250000
Guide du Routard
Traversée
par Gênes
Grandi Navi http://www2.gnv.it/ : le service Gênes - Porto Torres reprend fin avril
Moby : rien en avril - démarrage de l'activité le 24 mai
Tirrenia http://www.tirrenia.it/: seule compagnie pour les traversées de Gênes à Porto Torres en
cette saison!
par Marseille
Bof... ça dépend si la SNCM dépose un préavis de travail...
La Meridionale (http://www.lameridionale.fr/ - idem SNCM)